Anasillage, Mille Routes et Ricochets vous convie dans un monde de légende ténébreux qui raconte la terre et nous immerge avec délice dans la cosmogonie andine. Yawar Pampa : la découverte d’une transmission orale de la tradition par une grand-mère à son petit-fils. Yawar Pampa de l’auteur brésilien Edgar W. Sandoval Yugar : chapitre 17 : «La miqala  », «la sorcière à la face bestiale »

Le terme Yawar Pampa ou » plaine de sang » fait référence à la ville maudite et à son peuple maudit décrit dans ce recueil de légendes. Au texte original suit une traduction en italique dont vous pardonnerez l’approximation. 

Chapitres précédents : 1/J+33 ; 2/J+38 ; 3/J+41 ; 4/J+45 ; 5/J+51 ; 6/J+55 ; 7/8 août ; 8/12 août ; 9/15 août ; 10/17 août ; 11/22 août ; 12/29 août ; 13/3 septembre ; 14/6 septembre ; 15/12 septembre ; 16/14 septembre.

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https://anasillage.com/2017/09/12/12-09actualitesun-monde-de-legendeyawar-pampatierras-de-sangreedgar-w-sandoral-yugarchap-15-el-khari-kharianasillage/« >el khari-khari,chapitre15</h2>

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Chapitre 17 : «La miqala? », « La sorcière à la face bestiale? »
Lo sucedido la noche anterior y el hambre que sentía me llevaron a tomar una decisión sobre el grave problema que nos aquejaba ; no era algo definitivo, pero si no había más remedio tendría que serlo, aun así, esta elección me atormentaba.
Ce qui s’était passé la veille et la faim que j’avais ressentie m’avaient amené à prendre une décision sur le grave problème qui nous avait frappés ; ce n’était pas définitif, mais s’il n’y avait pas d’autre remède, il fallait le faire, même si ce choix me tourmentait. 
 Me tranquilicé un poco y fui a ver a don Genaro. Le dije que debía haber otra solución para sobrevivir a la miqala, más queriendo redimirme y convencerme a mí mismo que buscando otra salida, pues ya sabía para mis adentros su respuesta y la decisión que yo había tomado en esa noche de insomnio.
– Mana. No la hay -dijo como esperaba- Tenemos que llamarla con una mesa negra y aplacar su hambre con un sacrificio humano. No hay otra forma de que sa vaya.
– Pero no podemos matar a un ser humano así por así -respondí con lo último de decencia que me quedaba.
– No se debe matar a la persona, solamente ofrecerla. Ella se encargará de matarlo mientras lo devora, luego se comerá su ajayu.
– Su alma? -pregunté sorprendido.
– Sí, pero no se lo digas al pueblo, será más difícil conseguir un candidato si les dices que su alma será atormentada por la eternidad.
– Candidato?
– Sí. Como no quieres matar a nadie, entonces debemos preguntar si alguien se ofrece. Seguramente habrá uno que desee « acabar » con sus tormentos.
Je me calmais un peu et j’allais voir Genaro. Je lui dis qu’il devait y avoir une autre solution pour survivre à la miqala (sorcière à la face bestiale), je voulais échanger et me convaincre de trouver une autre issue, car je savais déjà la réponse et la décision que j’avais prise cette nuit-là pendant l’insomnie.
– Mana, il n’y en a pas -dit-il alors que j’espérais- Nous devons l’appeler avec une mesa negra (table noire) et apaiser sa faim avec un sacrifice humain. Il n’y a pas d’autre moyen d’y arriver
– Mais nous ne pouvons pas tuer un être humain comme çà. -Je répondais avec l’ultime décence que j’avais conservée.
– Vous ne devez pas tuer la personne, il suffit de l’offrir. Elle s’occupera de le tuer en le dévorant, puis elle mangera son ajayu (âme).
– Son âme? – Je demandais, surpris.
– Oui, mais ne le dîtes pas aux gens, il serait difficile d’avoir un candidat si vous leur dîtes que leur âme sera tourmentée pour l’éternité.
– Un candidat?
– Oui, puisque vous ne voulez pas tuer quelqu’un, alors nous devrons demander si quelqu’un s’offre. Certainement que quelqu’un souhaite en finir avec ses tourments.
La sola idea me estremeció, pero no encontré otra solución y tuve que dejar de lado mi humanidad. Salí de la casa de Genaro como un sonámbulo y llamé al pueblo a una reunión.
– Ya van a ser cuatro días que no comemos nada -dije- y el hambre nos está enloqueciendo a todos. Tenemos que ofrecer un sacrificio humano a la miqala, pero yo no deseo matar a nadie. Por eso decidimos que alguien se debe ofrecer voluntariamente para acabar con su vida de tormentos.
L’idée même me secouait mais je ne trouvais aucune autre solution et je devais abandonner mon humanité. Je quittais la maison de Genaro comme un somnambule et j’appelais le peuple à une réunion.
– Il y a quatre jours que nous ne mangeons rien , -je dis- et la faim va nous rendre tous fous. Nous devons offrir un sacrifice humain à la miqala, mais je ne veux tuer personne. C’est pourquoi nous avons décidé que quelqu’un doit se porter volontaire pour mettre fin à nos tourments.
Sabía que mentía, pues el desgraciado sería atormentado por la eternidad y su alma sería devorada para siempre en las negras fauces de la miqala. Esto me amargó la conciencia más allá de lo que uno podría imaginar, pero no había otra salida. Al mentirle a la gente del pueblo y al buscar un candidato al infierno estaba vendiendo mi propia alma al diablo.
– No tienen que responder ahora -dije- Nos encontraremos mañana en la noche y me dirán si alguien se ofrece.
– Y si no se ofrece nadie? -preguntó uno de los aldeanos.
– Entonces moriremos todos de hambre.
Je savais que je mentais car le misérable serait tourmenté pour l’éternité et son âme serait dévorée pour toujours dans le gosier noir de la miqala. Cela dérangeait ma conscience au-delà de ce que l’on pouvait imaginer, mais il n’y avait pas d’autre issue. En mentant aux gens du village et en cherchant un candidat pour l’enfer je vendais ma propre âme au diable. 
– Vous n’avez pas à répondre maintenant, -je dis- Nous nous réunirons demain soir et vous direz si quelqu’un s’est offert.
– Alors nous allons tous mourrir de faim.
Al marcharme sabía que cada una de las personas del pueblo ponderaba con pesar la idea de ofrecerse como sacrificio humano. Esa fue la tarde más angustiante y larga de mi atormentada vida.
Quand je fus  parti, je sus que chaque personne du village réfléchissait à l’idée de se proposer en sacrifice. Cet après-midi-là fut le plus agonisant et le plus long de ma vie tourmentée.
Minutos antes de la mala hora fui a casa de don Genaro para ultimar los detalles del sacrificio. En cuanto llegué pregunté sin preámbulos cómo preparar la mesa negra, pero él respondió que ya la había preparado y que la carnicería podía comenzar.
Quelques minutes avant la mauvaise heure, j’allais à la maison de Don Genaro pour terminer les détails du sacrifice. Dès mon arrivée, je demandais sans préambule comment préparer la mesa negra, mais il me répondit qu’il l’avait déjà préparée et que le carnage pouvait commencer.
Llegamos al punto de reunión. Los aldeanos formaron un silencioso círculo alrededor de una fogata. Un hombre se encontraba en el medio y todos lo abrazaban, le agradecían y se despedían. Al parecer teníamos un candidato. Era Tupaq, un hombre joven y fuerte. Me pareció un desperdicio perder esa poderosa mano de obra, tan necesaria en Yawar Pampa. Hubiera deseado que algún anciano tomara el lugar, pero no podía escoger, no quería escoger al desdichado.
– Eres tú? -pregunté.
– Sí. He decidido terminar con mis tormentos. Moriré y mi ajayu ha de irse al cielo a descasar con tata Dios, que bien me lo he ganado.
Nous arrivions au point de rencontre. Les villageois formaient un cercle silencieux autour d’un feu camp. Un homme se tenait au milieu et tous l’étreignaient, le remerciaient en lui disant au revoir. Apparemment, nous avions un candidat. C’était Tupaq (nom d’origine inca porté par Tupaq Katari et Tupaq Amaru). Il me semblait comme un gaspillage de perdre cette puissance pour le travail, si nécessaire à Yawar Pampa. J’aurais souhaité qu’un vieil homme ait pris la place, mais je ne pouvais pas choisir, je ne pouvais pas choisir le malheureux.
– C’est toi? -je demandais. 
– Oui. J’ai décidé de mettre fin à mes tourments. Je mourrais et mon ajayu ira au paradis pour se reposer avec tata Dieu, car je l’ai bien gagné.
Cuando dijo esto mi cuerpo se estremeció, pues sabía que su alma sería atormentada por siempre y sin descanso, pero no había otra salida plausible, debíamos sacrificarlo.
– Comencemos -indiqué. Qué se debe hacer Don Genaro?
– Ofreceremos esta mesa negra a la miqala. Cuando sienta su olor vendrá, encontrará a Tupaq, entonces lo devorará y después de que esté satisfecha se marchará.
Quand il dit cela mon corps frémit, sachant que son âme serait tourmentée pour toujours et sans repos, mais il n’y avait pas d’autre issue plausible, nous devions le sacrifier.
– Commençons, -dis-je. Que doit faire don Genaro?
– Nous offrons cette mesa negra à la miqala. Quand elle sentira son parfum elle viendra et trouvera Tupaq, puis elle le dévorera, et après elle s’en ira satisfaite.
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Genaro tomó al hombre amarrándole pies y manos a la espalda, tal como lo haría con un cordero al matadero. Le hizo tomar chicha de quinua en grandes sorbos hasta emborracharlo. Todos observábamos estupefactos. Al terminar lo dejó tirado en el suelo.
Genaro prit l’homme, lui lia les mains et les pieds dans son dos, comme il l’aurait fait pour un agneau à l’abattoir. Il lui fit boire du quinoa à grandes gorgées jusqu’à ce qu’il soit ivre. Nous avons tous regardé avec stupeur. À la fin, il le laissa sur le sol.
Recogió unos carbones en brasa de la fogata, los puso en una especie de brasero hecho de barro y encima puso la mesa negra que traía envuelta en un awayo dentro el pecho. Los misterios eran negros, hechos de azúcar y cenizas, tal como lo estudie en la facultad. Existía también el mito de que la ceniza y la grasa en la mesa negra debían ser de restos humanos, y también se hablaba de fetos humanos, pero qué mejor que un hombre joven y fuerte en su lugar? Definitivamente uno no podría imaginarse lo que es este macabro ritual al leerlo en la letra muerta de un libro de antropología.
Il rassembla des charbons du feu de camp, les mis dans une sorte de brasero fait de boue et le plaça sur la mesa negra (table noire), enveloppé dans un awayo (tissu typique de Bolivie) sur sa poitrine.
Les mystères étaient noirs, faits de sucre et de cendres, comme je l’avais étudié à la faculté. Il y avait aussi le mythe selon lequel les cendres et les graisses de la mesa negra devaient être faites de restes humains, on disait aussi de foetus humains, mais qui pouvait être mieux qu’un jeune homme fort à sa place? Certainement, on ne pouvait imaginer ce rituel macabre lorsqu’il est lu dans la lettre morte d’un livre d’anthropologie.
La mesa estaba preparada en un awayo negro. En cuanto Genaro la colocó sobre las brasas empezó a humear y a emitir un olor nauseabundo. El yatiri acullico hojas de coca y bebío chicha de quinua preparada para tal ocasión, entonces comenzó a llamar a la miqala.
Jámuy miqala -decía- jámuymikhuy miqala
La mesa était recouverte d’un awayo noir. Genaro le mit sur les braises et il commença à émettre une mauvaise odeur. Le yatiri acullico (le chef du rituel des feuilles de coca), mâcha les feuilles de coca et but du quinoa préparé pour l’occasion, puis il commença à appeler la miqala.
Jámuy miqala (Ven miqala) -disait-il- jámuy… mikhuy miqala (nourriture pour miqala).
Repitió estas frases por un tiempo que me pareció infinito y de repente me di cuenta que yo también repetía las palabras de Genaro, al igual que todos los presentes. Nos encontrábamos en una especie de trance, del cual no habríamos podido salir incluso si quisiéramos.
Il répéta ces phrases pendant un temps qui sembla infini et tout à coup je me suis rendu compte que j’ai également répété les mots de Genaro, comme tout le monde présent. Nous étions dans une sorte de transe, dont nous ne pouvions pas sortir même si nous l’avions voulu.
Después de unos instantes oímos el ulular de la miqala. El sonido se hizo cada vez más fuerte hasta que al fin pudimos ve la horrenda aparición flotando sobre el suelo a unos metros de allí.
Après quelques instants, nous avons entendu les hurlements de la miqala. Le son est devenu de plus en plus fort jusqu’à ce que nous puissions voir l’horrible apparition flottant au sol à quelques mètres de là.
Tenía la cabeza verde de un sapo hinchado, ojos desorbitados llameantes de ira, orejas largas y puntiagudas como paja brava ; la enorme boca estaba llena de afilados dientes para desgarrar las almas que comía ; pies y manos de garras de cóndor cuerpo de chola vieja cubierto con raídas y sucias polleras, manto y awayo para cargar con los males del mundo, y dos larguísimas trenzas serpenteaban como víboras en su cabeza.
Elle avait la tête verte d’un crapaud gonflé, des yeux exorbitants pleins de colère, des oreilles longues et pointues comme de la paille sauvage ; la bouche énorme était pleine de dents pointues pour déchirer les âmes qu’elle mangeait ; les pieds et les mains du condor, un corps de vieille chola (femme bolivienne) recouvert de jupes déchiquetées et sales, d’un manteau et d’awayo pour porter les maux du monde, et deux très longues tresses serpentaient comme des vipères sur la tête.
Mientras se acercaba volando por la pampa traía desgracias y penurias. La miqala siempre estaba hambrienta y con ella traía un hedor sobrenatural a putrefacción.
Comme elle s’approchait en volant à travers la pampa, elle apportait le malheur et les difficultés. La miqala avait toujours faim et, avec elle,elle apportait une puanteur surnaturelle de putréfaction.
Lentamente se acercó a Tupaq, lo tomó por los brazos, y vimos cómo abrió su gigantesca boca putrefacta. En esa inmensa negrura pudimos ver a miles de almas siendo devoradas por siempre. La bruja se comió al campesino a grandes mordidas, la sangre chorreaba por sus manos y producía espantosos sonidos al romper los huesos con sus dientes. En poco tiempo el lugar del cuerpo quedó vacío, y solo pudo verse el alma del pobre hombre, entonces la miqala comenzó a comer nuevamente.
Lentement elle s’approcha de Tupaq, le prit par les bras et l’on vit comment il ouvrit sa gigantesque bouche pourrie. Dans cette immense noirceur, nous pouvions voir des milliers d’âmes dévorés pour toujours. La sorcière mangeait le fermier à larges morsures, le sang coulait de ses mains et produisait des sons terribles alors qu’elle brisait les os avec ses dents. En peu de temps, le corps était vidé, et seule l’âme du pauvre homme pouvait être visible, puis la miqala recommença à manger.
Tal como lo hizo con el cuerpo, devoró también el alma de Tupaq, y una vez que la tuvo en su boca, comenzó a desgarrar el ajayu en miles de partes, las cuales se mesclaron con muchas otras miles, formando la suciedad entre sus dientes.
Comme elle l’avait fait avec le corps, elle dévora l’ajayu (l’âme) de Tupaq, et une fois qu’elle l’avait mis dans sa bouche, elle commença à déchirer l’ajayu en milliers de parties, qui ont été mélangées avec plusieurs milliers, formant la crasse entre ses dents.
Cuando hubo terminado el macabro festín voló hacia lo alto del cielo, bajó de repente y se estrelló contra el suelo, desapareciendo en una explosión de excrementos.
Quand elle eut terminé le festin macabre, elle s’envola vers les hauteurs du ciel, tomba brusquement et s’écrasa au sol, disparaissant dans une explosion terrible d’excréments.
Al finalizar el profano ritual pudimos recobrar el dominio sobre nosotros mismos y nos retiramos a nuestras casas apesadumbrados, cargados de culpabilidad y remordimientos.
À la fin du rituel profane, nous réussîmes à reprendre le contrôle de nous-même et à retourner dans nos foyers dans le chagrin, pleins de culpabilité et de remords.
Una vez en mi choza pude ver que la comida ya no estaba podrida y me lancé sobre el alimento con avidez, pero esta vez el banquete me supo a culpa, a la culpa del eterno tormento del ajayu de Tupaq en la negra e infinita boca de la miqala.
Une fois dans ma cabane, je pouvais voir que la nourriture n’était plus pourrie et je me jetais sur elle avec avidité, mais cette fois le banquet me rendit coupable, coupable du supplice éternel de l’ajayu (âme) de Tupaq dans la bouche noire et infinie de la miqala.
 
À suivre chapitre 18 : « El duende del horno » : « l’elfe du four »
logo fond noir petit Brigitte Crespo
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