Anasillage, Mille Routes et Ricochets vous convie dans un monde de légende ténébreux qui raconte la terre et nous immerge avec délice dans la cosmogonie andine. Yawar Pampa : la découverte d’une transmission orale de la tradition par une grand-mère à son petit-fils. Yawar Pampa de l’auteur brésilien Edgar W. Sandoval Yugar : chapitre 18 : «El duende del horno  », «l’esprit du four ».

Le terme Yawar Pampa ou » plaine de sang » fait référence à la ville maudite et à son peuple maudit décrit dans ce recueil de légendes. Au texte original suit une traduction en italique dont vous pardonnerez l’approximation. 

Chapitres précédents : 1/J+33 ; 2/J+38 ; 3/J+41 ; 4/J+45 ; 5/J+51 ; 6/J+55 ; 7/8 août ; 8/12 août ; 9/15 août ; 10/17 août ; 11/22 août ; 12/29 août ; 13/3 septembre ; 14/6 septembre ; 15/12 septembre ; 16/14 septembre ; 17/21 septembre.

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https://anasillage.com/2017/09/12/12-09actualitesun-monde-de-legendeyawar-pampatierras-de-sangreedgar-w-sandoral-yugarchap-15-el-khari-kharianasillage/« >el khari-khari,chapitre15</h2>

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Chapitre 18 : «El duende del horno  », «l’esprit du four ».

El trabajo ayudó a sobrellevar la ominosa culpa de mi pobre alma atormentada, y la verdad es que había mucho por hacer. Debía almacenar comida para la huida y fabricar los pertrechos necesarios, por lo que me empeñé como nadie a trabajar en los campos y producir alimentos ; paralelamente y en secreto, preparaba mi equipo.

Le travail contribuait à supporter la menace sinistre de ma pauvre âme tourmentée, et la vérité était qu’il y avait beaucoup à faire. Je devais conserver la nourriture pour l’évasion et préparer les fournitures nécessaires, alors je travaillais dans les champs pour produire de la nourriture ; en parallèle et en secret, je préparais mon équipement.

Los pocos campesinos que restaban seguían mi ejemplo de buen trabajador, pero si hubieran sabido que mis razones eran egoístas, tal vez no me habrían acompañado en el duro trabajo, pues yo había decidido partir solo.

Les quelques paysans restants suivaient mon exemple pour bien travailler, mais s’ils avaient connu mes raisons égoïstes, ils ne m’auraient peut-être pas accompagné dans le travail acharné, car j’avais décidé de partir seul.

Conseguir comida, agua, medios de transporte y armas, esos eran mis principales intereses. Cada día guardaba algo o buscaba la manera de fabricarme herramientas o armas. En una epifanía le quité los soportes lumbares a la mochila y los afilé, uno en forma de una pequeña e improvisada espada de doble filo, el otro lo partí en dos y con los pedazos hice puntas de lanza.

Obtenir de la nourriture, de l’eau, des transports et des armes, était mon principal intérêt. Chaque jour, je gardais quelque chose ou je cherchais un moyen de fabriquer des outils ou des armes. 

Aguzar el aluminio fue relativamente sencillo, tuve que encontrar una piedra pómez y frotar los bordes hasta afilarlos. Tan solo me faltaban las varas de madera para completar las lanzas, debían ser lo suficientemente largas, como de dos metros de largo y lo más rectas posibles. Recordé que había una casa derruida en la entrada del pueblo, casi junto al río. Seguramente debía haber allí algunos callapos del soporte del techos, que servirían como varas para las lanzas. Pensé en ir inmediatamente, pero si la gente del lugar me sorprendía en tales actividades podrían sospechar algo, malogrando así mis planes de huida.

L’affilage de l’aluminium était relativement simple, je devais trouver une pierre ponce et frotter les bords jusqu’à l’affûter. Je n’avais besoin que des tiges de bois pour compléter les lances, elles devaient être assez longues, d’environ deux mètres de long et aussi droites que cela était possible. Je me rappelais qu’il y avait une maison qui était effondrée à l’entrée du village, près de la rivière. Il y avait certainement quelques supports du toit, qui serviraient de tiges pour les lances. Je pensais y aller immédiatement, mais si les gens de l’endroit me prenaient dans de tells activités, ils pourraient soupçonner quelque chose, ruinant ainsi mes plans d’évasion.

Preferí esperar por la noche arriesgándome a ser atacado por los malignos seres que habitaban esos parajes, pues no deseaba ser descubierto por los campesinos, ya que podrían delatar mi huida.

Je préférais attendre la nuit en risquant d’être attaqué par les êtres méchants qui habitaient ces lieux, parce que je ne voulais pas être découvert par les paysans, car ils pouvaient trahir mon évasion.

Al pensar en los habitantes de Yawar Pampa, me di cuenta de que había uno que tal vez querría escapar conmigo. John era bastante inteligente y sería un magnífico compañero para ayudar a alcanzar éxito la empresa. Tenía muy buen vigor físico, lo que lo convertía en un poderoso aliado a la hora de enfrentar a los guardianes de las salidas. Tendría que hablar con él y contarle mis planes.

Quand je pensais aux habitants de Yawar Pampa, je me rendais compte qu’il y avait quelqu’un qui voudrait échapper avec moi. John était assez intelligent et serait un excellent compagnon pour aider l’entreprise à réussir. il avait une très bonne vigueur physique, ce qui en faisait un allié puissant pour s’occuper des gardiens des sorties. Je devrais lui parler et lui dire mes projets.

Apenas cayó la noche salí armado de mi pequeña espada, me había costado bastante trabajo hacerla, por lo que me sentía orgulloso e invencible con ella. El silencio y la oscuridad de la noche eran totales, tanto, que el miedo me invadió. Tuve que encender mi preciada linterna. Lentamente y con mucha precaución me dirigí a la casa derrumbada. Cuando llegué a la pared adyacente al camino me introduje por un boquete causado por las lluvias.

À la nuit tombée, j’étais armé de mon petit sabre. Cela m’avait pris longtemps pour le faire, alors je me sentais fier et invincible. Le silence et l’obscurité de la nuit étaient si complets que la peur m’envahissait. Je devais allumer ma précieuse lampe de poche. Lentement et avec précaution, j’allais à la maison effondrée. Quand j’arrivais au mur adjacent à la route, je m’introduisais par un vide causé par les pluies.

Era una casa de un solo cuarto, pero enorme, tenía un gran horno a leña en el medio, junto a largos y viejos mesones destrozados. Seguramente era la panadería del pueblo, pero si era así por qué permitieron que el lugar quedara en tan lamentable estado? No encontraba una explicación lógica para perder tan valiosa infraestructura para la sobrevivencia de los lugareños. Pensé en aquello solo por un breve instante, pues tenía que encontrar los palos que servirían de varas para las lanzas.

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C’était une maison d’une pièce, mais énorme, elle avait un grand four à bois au milieu, et touchait de vieilles maisons détruites. Certes, c’était la boulangerie du village, mais si c’était ainsi, pourquoi avait-on permis que l’endroit reste dans cet état pitoyable? Je ne pouvais pas trouver une explication logique dans le fait de perdre une infrastructure aussi précieuse à la survie des villageois. Je pensais à cela pendant un bref moment, car je devais trouver tous les bâtons qui serviraient aux lances.

Retiré la paja de una parte del techo derrumbado y después el barro que la sujetaba. Tenía razón, bajo los terrones que iba arrancando, se podían ver gran cantidad de callapos amarrados a la viga mayor con tiras de cuero.

Je retirais la paille d’une partie du toit effondré, puis la boue qui la retenait. J’avais raison, sous les grumeaux on pouvait voir un grand nombre de callapos (bois servant de soutien comme des poutres) attachés au faisceau principal avec des sangles en cuir.

Comencé a cortar los nudos con mi espadín, pero luego se me ocurrió que las tiras de cuero podrían serme de utilidad, así que comencé a sacarlas con más cuidado envolviéndolas en un ovillo. Hubieron transcurrido unas dos horas cuando escuché un paso ligero y suave como la carrera de un ratoncillo. Vigilé los alrededores poniéndome en guardia, las manos me temblaban y ya no me sentía tan invencible.

Je commençais à couper le noeuds avec mon couteau, mais je pensais que les sangles de cuir pouvaient m’être utiles, alors je commençais à les enlever avec plus de soin en les mettant en pelote. Il était environ deux heures quand j’entendis un pas léger et doux comme une course de souris. Je regardais alentour et je surveillais, mes mains tremblaient et je ne me sentais plus invincible.

Caminé con la mano estirada y el arma apuntando al frente. Si alguien hubiera visto la escena le habría parecido sumamente cómico verme caminar temblando y sacudiendo el espadín por el miedo, pero para mí la situación era terrorífica.

Je marchais la main tendue et le pistolet pointé en avant. Si quelqu’un avait vu la scène, il aurait été très comique de me voir marcher tremblant en secouant les grumeaux de peur, mais pour moi la situation était terrifiante.

Nuevamente sentí la suave carrera a mis espaldas, giré lo más rápido que pude pero no alcancé a ver nada. Momentos después volví a oír el murmullo, apagué la linterna y lentamente comencé a voltearme, como presintiendo la perentoria muerte. En la penumbra pude notar la presencia de un ser de pie un par de metros adelante. Un gélido glacial se apoderó de i espalda y encendí la linterna con temor.

Encore une fois, je sentais la course douce derrière moi, je me tournais aussi vite que je le pouvais, mais je ne pouvais rien voir. Quelques instants plus tard, j’entendais le murmure à nouveau, j’éteignais la lampe de poche et je me tournais lentement comme si j’avais peur de la mort proche. Dans l’obscurité, je pouvais voir la présence d’un être debout à quelques mètres devant. Un froid me glaça le dos et j’allumais la lanterne de peur. 

Frente a mí se encontraba un diminuto ser, tenía aproximadamente unos veinte o treinta centímetros de alto y era muy simpático de ver. La tensión que tenía cesó de inmediato. Era una cholita minúscula. No era que fuese una chola enana, con los miembros gruesos, torpes, cuerpo y rostro deformados, simplemente era una miniatura perfecta de una linda y simpática cholita adolescente. Era un duende de los hornos.

Devant moi il y avait un être minuscule, d’environ vingt ou trente centimètres de haut, très agréable à voir. La tension cessa immédiatement. C’était une  cholita (petite bolivienne en tenue traditionnelle). Ce n’était pas qu’elle était naine, avec des membres épais et maladroits, un corps et un visage déformé, elle n’était qu’une miniature d’une chola adolescente mignonne et douce. C’était le duende de los hornos (l’elfe des fours).

Recordé historias de mi abuela, de cómo los niños no bautizados se transformaban en duendes, viviendo en los hornos a leña de las panaderías. Algunas versiones decían que debían ser hornos de barro, pero otras que decían que solo bastaba con ser de leña.

Je me souvins des histoires de ma grand-mère, comment les enfants non baptisé se transformaient en elfes vivant dans les fours à bois de la boulangerie. Certaines versions déclaraient qu’ils devaient être des fours en argile, mais d’autres disaient qu’il suffisait qu’ils soient en bois.

A respecto de su naturaleza se decía que era benigna para los habitantes de la casa, pues la protegían de los intrusos. Algunas veces cometían algunas travesuras inocentes, como esconder cosas y hacer ruidos.

En ce qui concerne sa nature, elle était dite bonne envers les habitants de la maison, car elle les protégeait des intrus. Parfois, ils faisaient des méfaits innocents, comme cacher des choses et faire du bruit.

La cholita en miniatura no parecía ser de naturaleza maligna, era muy linda, traía puesta una miniatura de blusa, y una pollerita corta, nada más, sus pies estaban descalzos. Sus movimientos eran muy veloces y recordaban a los de una ardilla, pues era muy inquieta y hacía sonidos parecidos a los del cuy. Me miró sonriendo.

La cholita ne semblait pas être méchante de nature, elle était très mignonne, elle portait une petite blouse et une petite jupe courte, rien de plus, ses pieds étaient nus. Ses mouvements étaient très rapides et se rapprochaient de ceux d’un écureuil, l’elfe était très agité et ressemblait à un cochon d’Inde. Il me regardait en souriant.

Parecía estar recogiendo algo entre la ceniza del horno. Se dio vuelta y nuevamente comencé a sentirme nervioso, pues bajo su corta pollera se asomó una cola. Era la asquerosa cola pelada de una rata.

Il paraissait retirer quelque chose de la cendre du four. Il se retourna et une nouvelle fois, je commençais à me sentir nerveux, car sous sa jupe courte apparaissait une queue, c’était la queue dégoûtante d’un rat.

Me vinieron náuseas, la cabeza me dio vueltas, pero el horror realmente se apoderó de mí cuando la vi tomar una vértebra humana de las cenizas y mordisquearla. Lentamente comencé a retroceder, pero la criatura de pesadilla reparó en mí.

Je me sentais nauséeux, ma tête tournait, mais l’horreur s’amplifia quand je le vis attraper une vertèbre humaine et la grignoter. Je me retirais lentement, mais la créature de cauchemar le remarqua.

Al intentar huir tropecé con algo a mis espaldas y caí golpeándome la cabeza. Antes de desmayar pude ver borrosamente cómo el duende del horno corría hacia mi rostro.

Quand j’essayais de m’enfuir, je le retrouvais derrière mon dos et je tombais la tête en avant. Avant de m’évanouir, je pus voir l’elfe du feu qui courait sur mon visage.

Amanecía cuando desperté. Mi cara estaba cubierta por pequeñas mordidas que aparentaban ser las de una rata, había perdido mucha sangre y me faltaban pequeños pedazos de carne en el rostro. Me encontraba débil, pero por lo menos estaba vivo. Limpie y cure mi cara lo mejor que pude, tomé dos callapos que parecían medianamente rectos y fui a casa.

Il m’apparut quand je me réveillais. Mon visage était recouvert de petites morsures qui étaient celles d’un rat, j’avais perdu beaucoup de sang et il me manquait un morceau de chair à mon visage. J’étais faible mais au moins j’étais vivant. Je nettoyais mon visage comme je le pouvais, je prenais deux callapos qui avaient l’air plutôt droits et je rentrais directement à la maison. 

Antes de llegar crucé mi camino con uno de los aldeanos, quien me miró fíjamente el rostro.

– Por qué fuiste al horno? -Me increpó con mirada acusadora- Acaso no te diste cuenta de que no hay que ir a las casas vacías?

– Es que quería algo de leña para mi cocina, -mentí.

– Debes usar taquia. Tienes suerte de que no te haya devorado el duende, seguramente no tenía mucha hambre porque ya debía de haber comido.

Avant d’arriver, je fis le chemin avec un villageois qui me regardait fixement le visage.

– Pourquoi êtes-vous allé au four? -l me scrutait d’un regard accusateur- Vous ne vous êtes pas rendu compte que vous ne devez pas aller dans des maisons vides?

Je voulais juste du bois pour ma cuisine, -je mentais-.

– Vous devez utiliser le taco. Vous avez de la chance que l’elfe ne vous ait pas mangé, certainement qu’il n’avait pas trop faim parce que sinon il vous aurait mangé.

Después de hablar conmigo el campesino se marchó a trabajar en silencio mientras yo volvía a casa ensangrentado.

Après m’avoir parlé, le paysan partit travailler en silence pendant que je retournais sanglant à la maison.

À suivre chapitre 19 : « El ayu supay », « Le bébé démoniaque ».

logo fond noir petit Brigitte Crespo

 

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