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Anasillage, Mille Routes et Ricochets vous convie dans un monde de légende ténébreux qui raconte la terre et nous immerge avec délice dans la cosmogonie andine. Yawar Pampa : la découverte d’une transmission orale de la tradition par une grand-mère à son petit-fils. Yawar Pampa de l’auteur brésilien Edgar W. Sandoval Yugar : chapitre 19 : «El ayu supay », « Le bébé démoniaque ».

Le terme Yawar Pampa ou » plaine de sang » fait référence à la ville maudite et à son peuple maudit décrit dans ce recueil de légendes. Au texte original suit une traduction en italique dont vous pardonnerez l’approximation. 

Chapitres précédents : 1/J+33 ; 2/J+38 ; 3/J+41 ; 4/J+45 ; 5/J+51 ; 6/J+55 ; 7/8 août ; 8/12 août ; 9/15 août ; 10/17 août ; 11/22 août ; 12/29 août ; 13/3 septembre ; 14/6 septembre ; 15/12 septembre ; 16/14 septembre ; 17/21 septembre ; 18/24 septembre.

https://anasillage.com/2017/07/06/j33actualitespacha-amour-et-sac-a-dos6-juilletrencontre-avec-la-legendeyawar-pampatierras-de-sangreedgar-w-sandoral-yugarchap-1el-camino-y-la-pampa/ « >chapitre 1 </h2>

https://anasillage.com/2017/09/24/24-09actualitesrencontre-avec-un-monde-de-legendeyawar-pampatierras-de-sangreedgar-w-dandoval-yugarchap-18-el-duende-del-horno/ « >chapitre 18 </h2>

P1090136<img src= »p.1090136.jpg » alt= »bébé »/>

Chapitre 19 : chapitre 19 : «El ayu supay », « Le bébé démoniaque ».

Llegando a casa lavé mi rostro, curé mis heridas y maldije mi estupidez. Nunca más saldría de noche a lugares prohibidos, o tan solo lo haría para huir de ese maldito lugar.

En rentrant chez moi, je me lavais et je pansais mes plaies tout en maudissant ma bêtise. Jamais plus je ne sortirais la nuit dans des endroits interdits, où je ne le ferais que pour fuir cette putain de place damnée.

Decidí darme un descanso y no trabajar aquel día, pero al no presentarme alarmé a los aldeanos, quienes fueron a mi casa a golpear la puerta. Desde adentro les dije que no me encontraba bien y que se fueran, ya trabajaría mañana.

Je décidais de me reposer et de pas travailler ce jour-là, mais comme je m’y présentais pas, j’alarmais les villageois qui vinrent chez moi frapper à ma porte. De l’intérieur, je leur dis que je n’étais pas bien et qu’ils pouvaient partir, que je travaillerais le lendemain.

No se conformaron con la respuesta, siguieron tocando y pidiendo por verme. Cuando al fin salí me vieron sorprendidos y susurraron aquello que yo ya sabía. El duende.

Ils ne se contentèrent pas de ma réponse et continuèrent à frapper et demandaient à me voir. Quand enfin je sortis, je les surpris murmurer sur ce que je savais déjà. Le Duende (l’elfe du four).

Nuevamente tuve que explicarles que fui a la casa del horno a recoger algo de leña, pues no quería mis alimentos con el sabor que dejaba la taquia. No parecieron convencerce y se fueron entre sospechas, pero no me preocupé mucho. Me di cuenta de que nadie tenía el coraje suficiente para intenter huir, por lo que no podían concebir que yo lo hiciera. Estaban totalmente dominados por sus tradiciones ancestrales que les decían que nunca podrían salir de allí.

Encore une fois, je dus expliquer que j’étais allé à la maison au four chercher du bois, parce que je ne voulais pas que ma nourriture garde le goût laissé par le taco. Ils ne semblaient pas convaincus et restaient dans la suspicion, mais je ne m’en souciais pas beaucoup. Je me rendais compte que personne n’avait le courage d’essayer de fuir, donc ils ne pouvaient pas concevoir que je puisse le faire. Ils étaient totalement dominés par leurs traditions ancestrales disant qu’ils ne pouvaient pas fuir.

Volví a entrar a casa más empeñado que nunca en escapar, preparé las varas, las alisé, les quité los sobrantes, las puse restas y les coloqué las puntas. Eran un trabajo magnífico, serían muy buenas armas contra los dichosos guardianes. Caída la noche me fui a dormir exhausto.

Je retournais dans la maison plus déterminé que jamais à m’échapper, je préparais les verges, je lissais, j’enlevais les restes, je mettais les pointes. C’était un travail magnifique, elles seraient de très bonnes armes contre les heureux gardiens. La nuit tombante, je m’endormais.

Al día siguiente fui a trabajar normalmente, pues debíamos cosechar los cultivos para reponer el alimento que se pudrió, y tendríamos que luchar nuevamente contra las malas hierbas, las garrapatas y las injurias del clima.

Le lendemain, j’allais travailler normalement, parce que nous devions cultiver pour reconstituer la nourriture qui était pourrie, et nous devions nous battre contre les mauvaises herbes, les tiques et les insultes du climat. 

En las horas de almuerzo fui a visitar a Liuca para ver cómo se encontraba el aldeano atacado por el khari-khari (esprit follet). Al llegar me percaté de un olor nauseabundo proveniente de la casa, era señal de que el campesino había empeorado. Entré y confirmé mis sospechas al verlo tirado en el camastro. Los muñones de sus piernas estaban de un color verde pútrido con tomos violáceos necrosados, era evidente que se habían infectado y producían ese asqueroso hedor. Pablito volaba en fiebre y deliraba sobre monstruos legendarios del Mancaj Pacha.

À l’heure du déjeuner, j’allais visiter Liuca pourvoir comment se portait le villageois attaqué par le khari-khari (esprit follet). Quand j’arrivais, je remarquais une mauvaise odeur venant de la maison, c’était le signe que l’état du paysan avait empiré. J’entrais et mes soupçons se confirmèrent lorsque je le vis couché sur le lit. Ses jambes étaient de la couleur verte putride avec des boutons nécrotiques, c’était évident qu’elles étaient infectées et que cette dernière produisait cette puanteur fétide. Pablito avait de la fièvre et délirait sur les monstres légendaires du Mancaj Pacha (monde du dessous).

Liuca lloraba amargamente por su estado y lamentaba enormemente la inminente pérdida de esa pobre alma. Tal vez fue error mío enviarlo con ella después de tan terrible pérdida, pero no era mi culpa, no sabía que el khari-khari era venenoso. Infelizmente el lazo que unía a Liuca con su hijo parecía haber sido suplantado por este nuevo vínculo con Pablito, y esto terminaría irremediablemente en tragedia y dolor para la madre huérfana.

Liuca pleurait amèrement sur son infortune et regrettait la perte imminente de cette pauvre âme. Peut-être que c’était une erreur de le lui avoir confié après un drame aussi terrible que de perdre un enfant, mais ce n’était pas ma faute, je ne savais pas que le khari-khari était toxique. Malheureusement le lien qui liait Liuca à son fils semblait avoir été supplanté par ce nouveau lien avec Pablito, et cela finirait inévitablement par la tragédie et la douleur pour la mère orpheline.

Me quedé en la casa para cuidar de las heridas del enfermo. A momentos el veneno parecía subir algunos centímetros por las venas de Pablo, que tomaban un color violáceo intenso, luego la carne circundante comenzaba a podrirse, y así avanzaba la enfermedad hasta la muerte irremisible.

Je restais dans la maison pour prendre soin des blessures du malade. Par moments le venin semblait s’accroître de quelques centimètres dans les veines de Pablo, qui devenaient de couleur violet sombre, puis la chair environnante commença à pourrir et la maladie s’avança vers une mort irrémédiable.

Cada vez que esto sucedía, el desdichado campesino se agarraba con fuerza del phullu que lo cubría, se incorporaba con gran tensión del cuerpo y constreñia fuertemente los dientes en un grito ahogado, luego desmayaba hasta la próxima subida del veneno.

À chaque fois, le paysan s’agrippait avec force au phullu (tissu de couleurs) qui le couvrait, dans une grande tension du corps, et serrait ses dents dans un cri étouffé, puis s’évanouissait jusqu’à la montée suivante du poison.

De nada sirvieron los mates de airampo y los baños de manzanilla, las constantes limpiezas y el mejor alimento. Al final el veneno se llevó a Pablo, tras una semana de intensa lucha contra la muerte. En todo ese tiempo Liuca trabajó más que nadie para intentar salvar a Pablito, a quien tomó como a su hijo perdido.

Les matés d’airampo et les bains de camomille, les nettoyages constants et la meilleure nourriture demeurèrent inutiles. À la fin le venin emporta Pablo, après une semaine de lutte intense contre la mort. Pendant tout ce temps Liuca travailla plus que quiconque pour essayer de sauver Pabliot, à qui elle tenait comme à son fils perdu.

El cuerpo terminó en un estado de descomposición total, y aparentemente se mantuvo con vida hasta los últimos momentos, cuando el veneno alcanzó la cabeza y la convirtió en una masa pútrida e informe. Al suceder esto Liuca quedó con un patético aspecto, mezcla de incredulidad, estupefacción y dolor.

Le corps finit de se décomposer totalement, et apparemment il se maintint en vie jusqu’à la fin, lorsque le venin atteignit la tête et la transforma en une masse putride et informe. Quand cela se produisit, Liuca prit un aspect pathétique, mélange d’incrédulité, de stupeur et de douleur.

Salió corriendo de la casa, llorando y clamando por su hijo perdido. Yo corrí tras ella, pero no pude alanzarla sino hasta muy entrada la pampa, a la izquierda del ingreso del pueblo. La tomé por el brazo mientras caía llorando.

– Levántate Liuca -le dije sacudiéndola- debes resignarte.

– Nooo… Mi wawa, mi wawita… No puedo perderlo…
– Es tarde ya, se ha ido al cielo…

– No, no es verdad, está vivo en alguna parte…

– No Liuca, está muerto, MUERTO¡

– NOOO…¡

Elle sortit de la maison en pleurant sur son fils perdu. Je courus après elle, mais je ne pus l’atteindre avant le commencement de la pampa, sur la gauche de l’entrée du village. Je la pris par le bras alors qu’elle tombait au sol en larmes.

– Lève-toi Liuca, -dis-je en la secouant-, tu dois te résigner.

– Nooo… Mon wawa, mon wawita… Je ne peux pas le perdre…

– Il est déjà trop tard, il est allé au paradis…

– Non, ce n’est pas vrai, il est vivant quelque part…

– Non Liuca, il est mort, MORT¡

Rompió a llorar amargamente mientras se refugiaba en mis brazos. Pasó un tiempo y cuando pensé que ya podríamos volver al pueblo oímos el llanto de un niño a lo lejos.

– Oíste? Es mi hijo don Alberto, mi wawa. Te dije que estaba vivo.

– No Liuca, tu hijo está muerto, está muerto¡

– Es mentira, mi wawa está viva y me está llamando.

Elle se recroquevilla en pleurant énormément alors qu’elle se réfugiait dans mes bras. Il se passa un moment et quand nous pensions pouvoir retourner au village, nous avons entendu le cri d’un enfant au loin.

– Avez-vous entendu? C’est mon fils, mon wawa. Je vous ai dit qu’il était vivant.

– Non Liuca, ton fils est mort, il est mort¡

– C’est un mensonge, mon wawa (bébé) est vivant et il m’appelle.

Se soltó y se puso a correr en la dirección de la cual provenía el llanto del infante. Corrí tras ella llamándola y previniéndole que se adentraba cada vez más en los dominios de los terribles seres del Mancaj Pacha.

– Ven Liuca -gritaba- ven, no es tu hijo, seguramente es uno de esos monstruos…

– No, -decía corriendo y llorando- es mi wawa, mi wawita que ha vuelto…

Elle me lâcha et commença à courir dans la direction d’où venait le cri du nourrisson. Je courus après elle, l’appelant et l’avertissant qu’elle entrait de plus en plus dans le domaine des êtres horribles du Mancaj Pacha.

– Viens Liuca -cria-t-elle- Viens, ce n’est pas ton fils, c’est sûrement un de ces monstres…

– Non, -dit-elle-, en courant et en pleurant, c’est mon wawa, mon wawita qui est revenu…

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Al fin llegó al lugar de donde provenía el llanto y encontró un awayo envuelto junto a una roca. Un profundo temor me invadió y no quise acercarme al bulto nefasto.

– Es mi wawita, aquí esta, te le dije…

– No es tu hijo, es otra cosa -supliqué-, por favor ven conmigo.

Enfin, elle arriva à l’endroit d’où le cri venait et elle trouva un awayo (tissu coloré à bandes) enroulé autour d’un rocher. Une peur profonde m’envahit et je ne voulais pas toucher le paquet maléfique.

– C’est mon wawita, voilà, je vous l’ai dit…

– Ce n’est pas ton fils, c’est autre chose, s’il te plaît viens avec moi.

Deshizo el bulto y dentro se pudo ver a un pequeño bebé de espaldas. Yo temblaba de miedo, pero Liuca parecía la mujer más feliz de la tierra. Tocó sus pies con cuidado, como para percatarse de que era él y los acarició.

– Mira don Alberto -me dijo- es mi wawa

– Ven Liuca, déjalo…

– Mira qué lindo esta, sus manitos y sus deditos…

Elle défit le paquet et l’on put voir un petit bébé sur son dos. Je tremblais de peur, mais Liuca était la femme la plus heureuse de la terre. Elle toucha ses pieds avec précaution, comme pour se rendre compte que c’était lui et elle le caressait.

– Regarde don Alberto, -me dit elle-, c’est mon wawa

– Viens Liuca, laisse-le…

– Regarde combien il est gentil, ses mains et ses petits doigts…

Entonces el bebé se volvió y mostrando unas fauces terribles habló con la voz de un monstruo.

– Dientecitos también tengo…

Ensuite le bébé se retourna et lança des cris terribles avec la voix d’un monstre.

– Il avait aussi des dents…

Al ver el rostro y escuchar la voz del bebé demonio, un horror de pesadilla cósmica se apoderó de mí. El monstruo bebé se lanzó sobre Liuca abriendo sus fauces mientras yo quedaba petrificado en el lugar.

En voyant le visage et en entendant la voix du bébé démoniaque, une horreur de cauchemar cosmique me saisit. Le bébé monstrueux se jeta sur Liuca, ouvrant ses mâchoires pendant que je me pétrifiais sur place.

Mordió su cuello con ferocidad, mientras la mujer intentaba soltarse con desesperación. La sangre corría a raudales por sus polleras hasta que la lucha declinó y Liuca finalmente cayó. El ayu supay lanzó una carcajada con su gruesa y arremolinada voz de ultratumba y desapareció.

Il mordit sa gorge avec fureur alors qu’elle essayait désespérément de se libérer. Le sang coulait sur ses jupes jusqu’à ce que la lutte diminue et que tombe Liuca. l’Ayu supay éclata de rire avec sa voix épaisse et tourbillonnante d’outre-tombe et il disparut. 

En cuanto recuperé la cordura recogí el cuerpo mutilado de Liuca, lo tomé en mis brazos y volví con él al pueblo maldito.

Dès que je retrouvais mes esprits, je ramassais le corps mutilé de Liuca, je la pris dans mes bras et je m’en retournais avec elle chez le peuple maudit.

À suivre chapitre 20 : « La llegada de don Genaro » : « L’arrivée de don Genaro ».

logo fond noir petit Brigitte Crespo

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